L’Iran augmente l’enrichissement d’uranium en réponse à la résolution de l’AIEA

L’Iran continue de faire preuve de défiance après la deuxième résolution de censure en six mois.

L'Iran augmente l'enrichissement d'uranium en réponse à la résolution de l'AIEA
L’Iran augmente l’enrichissement d’uranium en réponse à la résolution de l’AIEA

Téhéran, Iran – L’Iran a augmenté son enrichissement et l’utilisation de centrifugeuses avancées dans deux sites nucléaires en réponse à une résolution de censure de l’Agence internationale de l’énergie atomique, un organisme mondial de surveillance nucléaire.

Les médias d’État iraniens ont confirmé mardi que l’Iran avait porté à 60 % son taux d’enrichissement de l’uranium à la centrale nucléaire de Fordow, en réaction à la décision prise jeudi par le Conseil des gouverneurs de l’AIEA.

Les rapports indiquent que l’Iran a également fourni du gaz à la centrale nucléaire de Natanz, à Ispahan. Ce gaz fait partie du processus d’enrichissement.

Après une attaque contre Natanz, en avril 2021, l’Iran a augmenté son taux d’enrichissement de l’uranium à Natanz à 60 %.

Depuis lors, il a déployé des machines plus avancées qui permettent un enrichissement plus rapide et un passage plus facile d’un niveau d’enrichissement à l’autre.

Fordow dispose également d’un système d’enrichissement, mais à un niveau inférieur.

Les niveaux d’enrichissement actuels sont toujours inférieurs à la pureté de 90 % requise pour une bombe nucléaire. L’Iran a promis de ne jamais en chercher une.

Il est encore supérieur au niveau de 3,67 % convenu dans l’accord nucléaire de 2015 entre le pays et les puissances mondiales. Cet accord établissait des plafonds pour l’activité nucléaire en échange de la levée des sanctions multilatérales.

En 2018, les États-Unis ont renoncé unilatéralement à cet accord, également connu sous le nom de Plan d’action global conjoint (JCPOA), et ont imposé des sanctions sévères qui n’ont fait qu’augmenter depuis.

Nasser Kanani (porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères) a annoncé lundi que Téhéran avait pris des mesures en réponse à la résolution de l’AIEA, mais n’a pas divulgué de détails.

Il a également condamné la censure de la « démarche politique », qui, selon lui, ne repose sur aucune base technique.

C’est la deuxième fois en six mois qu’une résolution a été adoptée critiquant l’Iran pour ne pas avoir coopéré avec le chien de garde nucléaire dans le cadre de l’affaire des engins nucléaires de fabrication humaine découverts sur plusieurs sites nucléaires en 2018.

Les États-Unis et E3 (France, Allemagne et Royaume-Uni) ont présenté les résolutions et elles ont été approuvées par un vote majoritaire des 35 membres du conseil.

La dernière censure était toutefois plus grave, puisqu’elle menaçait de poursuivre Téhéran devant le Conseil de sécurité des Nations unies, si Téhéran ne coopère pas.

L’Iran affirme avoir répondu de manière adéquate à l’agence. Il affirme également que l’enquête est fondée sur de fausses informations qui lui ont été fournies par Israël. L’Iran a répondu à la résolution de juin en retirant toutes les caméras restantes de l’AIEA.

Après que Mohammad Eslami, le responsable du nucléaire iranien, ait signalé la semaine dernière qu’il pourrait ne pas être en mesure d’autoriser l’entrée d’une délégation de l’AIEA initialement prévue à Téhéran, il n’est pas certain que le voyage soit autorisé.

Téhéran a exigé que l’enquête de l’AIEA soit close avant tout accord sur le rétablissement de l’accord nucléaire.

Cependant, les négociations du JCPOA sont dans l’impasse depuis des mois en raison de désaccords. Les États-Unis affirment que les pourparlers ne sont pas une priorité absolue en raison des manifestations en cours en Iran en septembre.