Actualité

Comment on aménage un appartement à Libreville sans se ruiner

Publié le

par Jade Lamoine

Publié le

par Jade Lamoine

Louer un trois-pièces aux Charbonnages ou à Louis, c’est une chose. Le rendre vivable, c’en est une autre. J’ai visité six appartements avant de signer, l’an dernier, et j’ai compris …

Comment on aménage un appartement à Libreville sans se ruiner

Louer un trois-pièces aux Charbonnages ou à Louis, c’est une chose. Le rendre vivable, c’en est une autre. J’ai visité six appartements avant de signer, l’an dernier, et j’ai compris vite que la plupart des bailleurs louent des murs, pas un intérieur pensé pour qu’on y respire. À Libreville, la chaleur et l’humidité ne pardonnent rien : ce qui traîne, ce qui colle, ce qui moisit. Alors j’ai pris l’habitude de fouiller les blogs de décoration francophones pour trouver des solutions applicables ici, avec des matériaux qu’on trouve réellement au marché Mont-Bouët ou dans les quincailleries du PK. C’est comme ça que je suis tombé sur ce site, qui découpe le logement pièce par pièce, et pas selon un catalogue Ikea hors de prix.

Cette méthode m’a servi à trois niveaux.

La lumière avant le reste

Dans un appartement de Libreville, la première vraie économie, ce n’est pas le mobilier. C’est l’électricité. Une pièce mal éclairée pousse à allumer les plafonniers dès 17 heures, et la facture grimpe. J’ai viré les ampoules jaunes d’origine, posé des LED en 4000 K dans le salon et la cuisine, et ajouté deux appliques orientables au-dessus du plan de travail. Résultat : 11 000 francs CFA en moins sur la facture mensuelle, mesurés sur trois mois. Pas miraculeux, mais concret.

Il faut dire aussi que la lumière naturelle se gère. Les rideaux occultants qu’on voit partout protègent du soleil mais transforment le salon en cave dès qu’on les tire. Un voilage léger côté rue, un occulteur uniquement côté chambre à coucher quand la fenêtre donne plein ouest. Rien de compliqué.

A voir aussi :  Les pongistes du Gabon aux Jeux africains : entre tensions et ambitions

Le rangement quand on n’a pas de placards

Notre appartement comptait exactement zéro placard intégré. Zéro. Dans ces cas-là, on empile, on entasse, on finit par ne plus trouver ses papiers. La technique qui a changé le quotidien chez nous tient en un mot : verticaliser. Des étagères en bois brut montées au mur dans l’entrée, à hauteur d’épaule, pour les sacs et les clés. Dessous, un banc bas qui sert aussi de boîte à chaussures fermée. Le tout fabriqué par un menuisier du quartier pour 85 000 francs CFA, pose comprise.

Ce que j’ai retenu de tout ça : on n’aménage pas un logement en une fois. On le règle comme on accorde une guitare, un problème après l’autre.

Deux points sur lesquels je ne cède pas :

  • Jamais de meubles trop bas dans une pièce humide. Le bois gonfle, et en saison des pluies, on le sent.
  • Toujours vérifier la circulation entre les meubles. Un salon où l’on se faufile n’est pas un salon où l’on vit.
  • Prévoir au minimum un espace vide au sol, même petit, pour ne pas étouffer.

La circulation, le vrai luxe discret

On parle peu de circulation dans les conseils d’aménagement gabonais, et c’est une erreur. La façon dont on marche dans un appartement détermine tout : l’humeur du matin, la facilité à recevoir, la place qu’on laisse aux enfants. Chez nous, la table du salon bloquait le passage vers la cuisine. On l’a décalée de 60 centimètres et poussée contre le mur. Le couloir de passage est passé de 40 à 95 centimètres. Cette modification a coûté zéro franc et a transformé la pièce.

A voir aussi :  Polémique CAF : ces associations qui exigent la fin des algorithmes intrusifs dès aujourd'hui

C’est là que les conseils d’un blog indépendant valent mieux qu’une chaîne YouTube sponsorisée par un fabricant. Personne ne te vend un canapé quand tu cherches juste à ne plus buter contre un meuble la nuit. Côté actualité, voir la polémique autour de l’âge de Guélor Kanga.

Les petits travaux qui tiennent la chaleur à distance

Il y a un chantier qu’on repousse toujours : la cuisine. À Libreville, cuisiner sans ventilation correcte, c’est vivre dans une odeur de friture permanente. On a installé une hotte simple, posée par un artisan de Nzeng-Ayong pour 45 000 francs, plus une grille d’aération en haut de la fenêtre. La différence est immédiate : la pièce ne reste plus humide après cuisson, et les murs du coin repas ne graissent plus.

Autre chantier sous-estimé : le carrelage de la salle de bain. Un sol glissant, avec l’humidité, devient dangereux en trois mois. Un revêtement antidérapant coûte environ 6 000 francs le mètre carré chez les revendeurs du marché, et sa pose demande une demi-journée. On a attendu six mois avant de le faire. On aurait dû commencer par là.

Ce genre de décision se prend mieux quand on accepte que le logement évolue avec la saison, avec l’âge des enfants, avec le budget du mois. Une lampe déplacée peut faire plus qu’un meuble neuf. Je le dis sans détour : les Gabonais dépensent trop pour des objets et pas assez pour la manière dont ils occupent l’espace. Le marché de l’immobilier local pousse à ça, avec des loyers élevés et des logements mal finis, mais on peut reprendre la main pièce par pièce, sans tout casser. Pour le contexte national, lire le coup d’éclat au Gabon et ses conséquences.

A voir aussi :  Retraite des agents civils gabonais repoussée à 62 ans

Ce n’est pas une question de moyens. C’est une question d’ordre dans les priorités. Pour le budget des ménages, voir la retraite des agents civils gabonais repoussée à 62 ans.

Tags

À propos de l'auteur, Jade Lamoine

★★★★☆ 4.7/5 (10 votes)

Lire les commentaires

Gabon Flash est édité de façon indépendante. Soutenez la rédaction en nous ajoutant dans vos favoris sur Google Actualités :